2016

Au regard de la conjoncture économique actuelle, il est essentiel de s’interroger sur les moyens de relancer l’activité marchande de proximité, notamment en centre ville. En effet, étant donné la création grandissante d’espaces commerciaux périurbains et le manque de moyens mis en œuvre pour conserver un dynamisme dans les centres villes au cours des décennies passées, l’existence des commerces locaux dans nos collectivités françaises n’est plus aussi bénéfique qu’elle le fût.

.Pourtant, les commerces de proximités contribuent à l’emploi et à la bonne santé économique des métropoles françaises, créent de la vie et de l’animation dans de nombreux quartiers et ont une réelle âme.

Beaucoup de municipalités ont donc choisi de booster l’activité des petits commerces de proximité, en misant sur la qualité de vie et le charme d’aménagements des quartiers et des centres villes. Afin d’atteindre cet objectif, les pouvoirs publics multiplient désormais les efforts pour favoriser les circulations actives (marche à pied et cycle en priorité) : limitations de vitesse de plus en plus basses, élargissement des trottoirs et création de pistes cyclables et parking à vélos par exemple.

Parking vélo

Parking à vélo en plein cœur d’Amsterdam.

Les conséquences sont bien connues des automobilistes qui souhaitent rallier le centre-ville pour y faire des courses : parfois plus d’une demie heure passée à tourner dans le quartier pour trouver une place où garer sa voiture, une progression constante de la pollution et des maladies en ville, mais aussi une perte de temps incroyable pour tous. Les commerçants sont également nombreux à s’élever contre les difficultés que leurs potentiels clients rencontrent pour venir jusqu’à eux.

Pourtant, le manque d’accès en voiture n’est pas forcément synonyme de perte de chiffre d’affaires. De nombreuses études européennes se sont attelées à démontrer que la grande majorité des commerces de centre-ville vivent surtout grâce aux piétons et aux cyclistes qui s’avèrent être les clients les plus réguliers et les plus fidèles. Mais est-ce le cas en France ? L’ADEME, le Ministère de l’équipement et des transports et le Ministère de l’écologie et du développement durable ont tenté de répondre à cette question en s’intéressant à l’impact de la mobilité active sur la structure commerciale dans certaines grandes villes françaises. D’après les résultats de leur enquête, la mobilité impacterait très fortement l’évolution de la structure commerciale de nos territoires. En effet, les travaux réalisés par l’ADEME ont confirmé le fait que les villes favorisant plutôt la circulation automobile sont celles où les commerces de proximité perdent le plus de part de marché face aux géants tels que les grandes surfaces périurbaines.

Fruits et légumesCourses à vélo

Lors de la réalisation de son enquête, l’ADEME a interrogé près de 1300 personnes à la sortie de plusieurs commerces de proximité, dans les centres villes de Lille, Dijon, Grenoble, Strasbourg, Salon-de-Provence et Nantes.

Suite à l’analyse des résultats, il fut démontré que piétons, cyclistes et usagers des transports publics consomment logiquement plus par semaine que les automobilistes, car ils se rendent plus régulièrement dans les commerces proximité. Certes le panier moyen à chaque achat est plus faible pour le piéton mais il faut regarder au global : se déplaçant plus fréquemment pour leurs achats, les ‘’mobiles actifs’’ dépensent donc plus que les automobilistes. Les résultats montrent ainsi qu’un automobiliste dépensera en moyenne 12% de moins qu’un cycliste (ainsi que 87% de moins qu’un piéton et 3% de moins qu’un utilisateur des transports en commun). En outre, les mobiles actifs sont des clients plus fidèles, qui certes n’achètent pas en grandes quantités, mais qui n’hésitent absolument pas à se déplacer régulièrement pour renouveler leurs achats. Beaucoup de petits commerçants sous-estiment donc le rôle central des personnes qui, comme nous le préconisons chez AddBike, se déplacent autrement !

Il n’est certes pas toujours évident de transporter ses achats à vélo. Encore une fois, l’enquête menée par l’ADEME s’attèle à démontrer que les potentielles difficultés rencontrées pour transporter des charges à vélo peuvent être contournées.

Dans un premier temps, les résultats de l’enquête mettent en exergue le fait que la plupart des achats ne sont ni lourds, ni encombrants. Ainsi, 33% des interrogés à la sortie des magasins de centre-ville portaient moins de 1 kg,
 48 % de 1 à 5 kg, 15 % de 6 à 10 kg et seulement 4 % plus de 10 kg. En effet, les achats lourds ou encombrants concernent principalement l’alimentation, et l’ameublement ou électroménager ayant pour objectif d’équiper la maison, ce qui est loin de représenter les achats les plus fréquents.

Enfin, comme le souligne l’étude de l’ADEME, « le poids moyen des achats d’un client d’hypermarché est d’environ 35 kg. Pourtant des solutions existent pour transporter un tel poids autrement qu’en voiture. ». Et ils ne croient pas si bien dire ! Saviez-vous que la capacité de charge d’un AddBike était justement de 35 kg ? Coïncidence ? À vous d’en juger !

Pour sortir du cadre théorique, des expérimentations ont eu lieu dans plusieurs villes, comme celle de l’Agence Ecomobilité de Chambéry, joliment nommée « Vélo de CourseS ». Depuis 2012, plusieurs ménages reçoivent en prêt un équipement adapté au transport de charges à vélo, accompagné d’un suivi et de conseils personnalisés. L’objectif est clair : démontrer que la voiture n’est pas une fatalité pour les courses quotidiennes. Cette année, AddBike est partenaire de cette initiative dans le cadre de l’expérimentationAddicyclette et nos produits feront partie de ceux proposés aux Chambériens tentés par cette nouvelle expérience.

Quoi qu’il en soit, nous vous invitons vous aussi à faire le choix de consommer plus près de chez vous, d’encourager l’économie locale et de proximité, de réduire vos dépenses en carburants et de respirer un air moins pollué en ville ! Tous à vos AddBike !

 Enquête ADEME disponible ici.