2018, Nouvelle ère pour les Vélos en Libre-Service

L’es Vélos en Libre-Service (VLS) font partie du paysage urbain depuis plus de 10 ans. Nous avons déjà abordé le sujet lors d’un précédent article : « Les vélos en libre-service, dix ans déjà ! ». Après avoir accompagné et favorisé la démocratisation de l’usage du véloen ville, l’heure est à la modernisation : intégration des nouvelles technologies, lutte contre les dégradations, suppression de certaines contraintes…

Quelles actions ont été mises en place pour améliorer les flottes de Vélos en Libre-Service ?

La capitale renouvelle ses flottes historiques

L’évènement a été largement couvert par la presse lors de l’attribution du marché en mai dernier. Les prochains Vélib’ à Paris ne seront Vélo Smoove Parisplus ceux de JC Decaux, l’opérateur historique, mais ceux du groupement Smovengo, conduit par l’opérateur de flottes de vélo Smoove (déjà présent dans les villes de Montpellier, Helsinki, Vancouver ou encore Moscou). Pour les 15 prochaines années, deux types de vélo vont coexister dans les rues parisiennes :

  • Le premier vert et gris, mécanique, d’un poids de 20 kg (contre 25 kg pour l’ancien modèle Decaux)
  • Le second bleu et gris, à assistance électrique, pour 30 % du parc.

Smovengo met également en avant le nouveau système d’accroche, permettant de rendre le vélo même quand la station de retour est pleine. Un câble intégré dans le guidon permettra d’accrocher son Vélib aux autres déjà stationnés et de signaler ainsi la fin de sa course. Une solution qui favorisera surement l’utilisation des vélos, sans jamais avoir à se poser la question : les stations sont-elles pleines ? Plus aucune excuse ! 😉

Plus de sécurité et de stations pour les nouveaux VLS

Régulièrement soumis au vandalisme et au vol, les VLS doivent offrir des qualités de robustesse et de sécurisation optimales. Smoove a développé une toute nouvelle fourche brevetée optimisant la sécurité des vélos. Cependant, qui dit nouveau prestataire dit nouveaux équipements : en effet, les stations et bornes permettant la location et l’attache des vélos restent la propriété de l’exploitant de la flotte. A partir d’octobre 2017, JC Decaux a donc démonté l’ensemble des 1400 stations parisiennes et a retiré les anciens Vélib dans le même temps. L’apparition d’une version électrique nécessite également de créer de nouveaux raccordements au réseau électrique. De quoi créer des conditions de démarrage complexes pour Smovengo : au 12 janvier, seules 87 stations sont en service. L’objectif est toujours d’atteindre le plein service pour fin mars avec un rythme de 80 mises en service par semaine.

Des évolutions VLS prévues à Lyon ?

Station velov

La révolution n’est par contre pas au rendez-vous cette année à Lyon puisque l’opérateur historique JC Decaux a de nouveau emporté la mise pour un marché associant mobilier et affichage publicitaires aux vélos libre-service. Le seul changement notable au niveau des vélos est le renouvellement des matériaux du système d’attache, permettant de réduire les risques de vol. La version à assistance électrique n’a pas encore vu le jour au sein du service Vélo’V, bien qu’elle soit grandement attendue. La mise en place des Vélo’V électriques est planifiée pour 2020. Il faudra donc attendre encore 2 ans avant de fluidifier vos déplacements sur les collines de Fourvière, Croix-Rousse et la Duchère. 🙂

La création de nouvelles stations hors de la zone historique de Lyon à Villeurbanne permettront d’apporter ce service à des nouveaux bénéficiaires. Et comme à Paris, il sera désormais possible de laisser un Vélo’V à une station déjà pleine. La mise en place de contrats de location longue durée en partenariat avec les boutiques Cyclable est également un autre moyen d’utiliser librement un vélo.

L’arrivée du free floating et de nouveaux acteurs sur le terrain

Vélo libre service en villeDepuis quelques mois, de nouveaux venus ont fait leur apparition dans quelques villes françaises : finies les installations de stations et de bornes, place au « free floating ». Depuis l’apparition des premiers services de VLS il y a 10 ans, les technologies ont beaucoup évolué et une grande partie de la population s’est équipée de smartphone. Ainsi, les services de géolocalisation mis à disposition sont désormais utilisés quotidiennement et ce de manière fluide et individuelle. Dans le cadre de l’utilisation des VLS, plus besoin de chercher de station, il suffit de repérer le vélo le plus proche depuis son application mobile et de le déverrouiller. Une fois la course terminée, le verrouillage du cadenas sur la roue arrière permet de sécuriser le vélo, sans nécessité de l’accrocher à un point fixe. Pour les villes, pas de coûts ni de redevance, puisque l’opérateur n’a pas d’investissements lourds à financer.

Le boom du VLS en Chine

Vélo libre service Mobile

Le système s’est développé à vitesse grand V en Chine et a depuis essaimé dans de nombreux pays d’Asie et d’Europe. Les opérateurs les plus emblématiques de ce modèle sont :

  •  Ofo qui revendique 32 millions de trajets journaliers sur l’ensemble de ses flottes
  • Mobike qui fait partie des 10 plus grosses levées de fonds des start-up chinoises en 2017

La France est l’un des derniers bastions à conquérir pour ces sociétés. Le créneau a ainsi attiré la jeune pousse franco-hongkongaise Gobee (qui a déployé ses vélos verts à Lille, Reims, Paris ou encore Lyon) ou le groupe Indigo, acteur du stationnement urbain, qui a développé l’offre Indigo Weel (à Metz).

L’implantation est douloureuse : sur les 400 vélos déployés à Reims en novembre, 340 ont été détériorés en moins de 2 mois ! Vol, casse, privatisation de certains vélos… Au point que Gobee.bike a annoncé le 10 janvier retirer ses vélos de Lille, Reims et Bruxelles. La rentabilité de ces services serait quant à elle assurée dès lors qu’une certaine taille critique est atteinte, avec un taux de rotation par vélo suffisant pour rentabiliser le maintien en état de la flotte. Nul doute que la bataille sera sévère !

Quelles sont les conséquences à moyen terme de ces changements ?

Vélo libre service poubelleAprès avoir été une composante majeure du retour du vélo en ville il y a une dizaine d’années, est-ce que les VLS arrivent à la fin d’un
cycle ?

Les municipalités s’interrogent sur l’image « low-cost » renvoyée par les nouvelles flottes déployées sans station et l’encombrement de l’espace public résultant d’un service d’exploitation réduit de la part des nouvelles sociétés. Cette image est en effet peu compatible avec l’esprit « développement durable » associé au renouvellement du vélo urbain. Le Club des Villes et Territoires Cyclables consacre un groupe de travail à ce sujet, et certaines communes entendent légiférer avec la mise en place d’une redevance d’occupation du domaine public ou la définition de zones de déploiement. Tous ces services ont logiquement pour intention de favoriser le choix du vélo par tous pour les petits trajets, en facilitant l’accessibilité au moyen de locomotion, par une plus grande proximité et liberté de déplacement. Les cyclistes réguliers, qui utilisent majoritairement leur propre vélo, militent eux pour que les municipalités investissent dans les infrastructures (pistes cyclables, arceaux de stationnement, parkings sécurisés) plutôt que dans les flottes partagées, ce qui aurait un effet plus durable dans le choix modal de déplacement.

Quoi qu’il en soit, le retour du vélo en ville et l’adaptation des services aux nouvelles technologies offrent encore de belles perspectives pour favoriser une mobilité toujours plus responsable !